La bonne réaction
Hier, le Real jouait le match aller de la Coupe d’Espagne face au Real Murcie, c’est-à-dire un club de troisième division, c’est-à-dire des chèvres. Mourinho avait mis publiquement la pression sur ceux qui seraient titulaires à cette occasion (Benzema notamment).
Score final : 0 – 0.
Benzema : remplacé à la 65e par Higuain.
Bien entendu, les journalistes charognards attendaient impatiemment la conférence de presse (lequipe.fr : « On imaginait José Mourinho remonté comme une pendule »),.
Que nenni, Mourinho a une fois encore réalisé un beau contre-pied dont il a le secret.
« On a joué un match sérieux et obtenu un bon résultat. Je signerais pour le même score à chaque match aller de Ligue des champions. Vu l'attitude affichée ce mardi, ce ne sera pas un problème d'atteindre le tour suivant. On gagnera le match retour. »
Même à propos de Benzema il a étonné : « Il est clair que certains n'ont pas fait un grand match, mais ils ont essayé alors je me satisferai de cela. »
Déjà la semaine dernière il s'était fait remarqué : lors du match contre le Milan AC, il fit une belle accolade à Ronaldinho remplacé en cours de jeu, cependant que l’ex joueur du Barça était copieusement sifflé par les supporters du Real. Mourinho n'a jamais besoin de fayoter (Dassier devrait prendre exemple).
Tout cela pour dire maintenant quelques mots sur Mourinho en particulier, et l’art de la provocation en général
Le provocateur de pacotille (par exemple Domenech) prend un malin plaisir à faire ou dire le contraire de ce que les gens attendent ; il est suffisamment lucide pour cerner les attentes inhérentes aux questions de journaliste (certes rarement subtiles), et il répond volontairement à côté, ou volontairement un truc « qui choque ». Il dit volontiers de la merde, mais se réjouit de voir les mines déconfites des interlocuteurs. Il est alors très satisfait de lui-même.
Toutefois, le petit provocateur, qui se croit fin d’esprit, l’est même trop peu pour réaliser qu’il conviendrait plutôt de dire, à ce degré-là de finesse : étroit d’esprit.
Le petit provocateur est toujours, au fond, un petit capricieux.
Pour le grand provocateur (Mourinho), rien ne légitime qu’on transige avec la pertinence d’une réaction. Le premier enjeu, lorsqu’on déclare quelque chose à la presse, est de dire quelque chose d’intéressant. La plus provocatrices des réflexions n'a aucun intérêt si son intelligence est absolument nulle : le grand provocateur a le sens des valeurs.
Mourinho a sans doute en tête les attentes des journalistes, tout comme il sait que les caméras et les regards sont braqués sur lui pendant les matchs - et bien entendu, il se met en scène. Mais il prend des notes pendant les matchs parce qu’il doit prendre des notes. Il salue Ronaldinho parce qu’il l’apprécie. Il dit qu’il signerait pour des 0 – 0 à tous les matchs aller parce que ce serait effectivement un bon résultat.
De même, lorsque Mourinho provoque l'entraîneur adverse en conférence de presse, ce n'est pour faire le malin - c'est parce que la pression est son élément. La pression maximale doit être le moteur des joueurs professionnels en général, et des siens en particulier.
D'une manière générale, le grand provocateur sait très bien qu'au foot, le contre pied n’a de sens que s’il fait prendre une bonne direction
Ainsi, ce que le grand provocateur a à dire n'est certainement pas intéressant sous prétexte que c'est provocateur ; c'est le contraire. Mourinho est provocateur parce qu'il est intéressant, parce qu'il est insolent, parce qu'il est performant. Ceux qui veulent l'imiter renversent la cause et l'effet. Ils croient qu'ils seront charismatiques s'ils sont provocateurs, alors qu'ils ne pourront en réalité prétendre à la provocation que si déjà ils sont charismatiques.
Et ces imitateurs ne se rendent compte de rien, parce qu'ils n'ont pas conscience que nulles choses ne se ressemblent davantages, que celles qui en réalité s'opposent radicalement : quand il dorment, on peut confondre le chien, animal le plus docile, le plus civilisé, et le loup, animal le plus sauvage.
Depuis qu'il a pris les rênes du REAL, j'en suis persuadé, Madrid ira au moins en final de la Ligue des Champions ...
Sacré JOsé ...
Et en finale il perdra contre Chelsea!
bien vu GRAND MAITRE..N'est pas un bon provocateur qui veut, le talent doit préceder l'action du contre pied..Rares sont les AS de la provoc et souvent les imitateurs sombrent dans le ridicule..La refèrence de la discipline reste a mon avis le grand PIERRE DESPROGES..Provocateur par excellence, il savait néanmoins ou se trouvait la frontière entre "ridicule et génie"..DOMENECH , par exemple , se situe dans la 1ere catégorie..Mr JOSE , lui ,domine l'exercice avec brio..Et bravo
Effectivement, le parallèle avec les humoristes est pertinent : les provocations à la fois fortes et subtiles de Desproges n'ont pas d'équivalent chez les humoristes d'aujourd'hui, qui se contentent "d'appuyer là où ça fait mal", en se dispensant des qualités littéraires de leur fameux ainé.