Jeudi 28 avril 2011 4 28 /04 /Avr /2011 15:41

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Mourinho a craqué. Avant la conférence de presse, déjà. Avant le match. Dans le discours qu'il a dû faire aux joueurs. Dans la semaine de préparation. Quand exactement? Je ne sais pas.

Il nous avait habitué à la rigueur tactique, et même si tout le monde préfère le beau jeu, un catenaccio parfait ça force le respect. Mais là ce n'était pas la rigueur tactique, c'était la rigueur tout court. Pas grand chose point de vue tactique. Pas de réel pressing, pas de contre-attaque fracassante - juste du fracas. Pertes (du ballon) et fracas (du Barcelonais). 

A un moment donné Pépé a un pris un carton rouge, pour l'agression commise et pour l'ensemble de son oeuvre. Mourinho se plaint, et derrière lui la presse madrilène - mais de quoi se plaignent-ils? Voilà comment Mourinho met la pression sur les arbitres : il remonte loin dans l'histoire des erreurs d'arbitrage, il souligne les fois où l'adversaire a été avantagé... bref, il met les arbitres dans une situation où ils sont, avant même le début de la rencontre, susceptibles d'être accusés de desservir le Real. Il leur met une épée de Damoclès sur la tête.

Après les conférences de presse de Mourinho, les arbitres arbitrent sous la menace d'une erreur d'arbitrage. Et ma foi, ça fait partie du jeu. Mais à un moment donné, s'il va trop loin, les arbitres, eux, le savent qu'ils ne sont pas pro-Barcelone ou anti-Madrid. Et s'il va trop loin ils n'ont plus peur de montrer à Mourinho que ce n'est pas lui qui arbitre. Mourinho cherche la merde : parfois il la trouve.

Il n'a pas vu qu'il était devenu le roi, et que désormais l'épée était sur sa tête.

Que s'est-il passé? 

Il y a quelques mois encore, il savait s'arrêter juste à temps.

Il y a quelques jours seulement, il faisait très fort, en mettant les journalistes face à leur propre connerie : les journalistes ne veulent que des petites phrases, des déclarations, ils adorent Mourinho parce qu'ils veulent pimenter, vendre, ils s'en foutent d'informer, ils s'en foutent des rencontres, c'est juste des charognards. Pour le prouver Mourinho a récemment décidé de rester muet avant un Clasico, sous prétexte qu'il n'avait pas envie que la situation soit envenimée à cause d'une déformation de ses propos... Habile provocation. L'entraineur assistant, à ses côtés, était disponible pour répondre à toutes les questions des journalistes : il a vu la salle se vider... 

Mais hier, en conférence de presse, Mourinho a été plus loin que jamais! Il a dit - je ne plaisante pas, il a dit : "parfois, j'en ai marre de vivre dans ce monde".

...

José!

J'ai presque envie de dire que c'est génial. Mais pas dans le contexte de la conférence de presse d'hier. Pas avec tout ce qu'il a dit autour. Pas avec ce ton empreint de ressentiment.

J'étais fan inconditionnel - il m'a déçu.

Dire "Moi, j'aurais honte de gagner une ligue des champions comme ça", c'est aller trop loin. Ce n'est plus seulement provoquer, ce n'est même plus seulement exagérer - c'est faire un caprice.

 

 

 

 

Image : L'épée de Damoclès, Félix Auvray, 1828, musée des Beaux-Arts de Valenciennes.

Par deux pieds décollés - Publié dans : Temps additionnel - Communauté : LA communauté football du blog
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