Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 10:07

 

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Réalisé par Ken Loach.

Avec Steve Evets, Eric Cantona.

2009.

 

Le film est formidable, pour cette raison précise : Ken Loach aime le foot, et il le connait. Qu’il s’agisse de la scène dans le bar, où les mecs s’engueulent avant le début de Manchester-Barça, qu’il s’agisse de l’attitude du héros du film, Eric le postier, lorsqu’il fait face à l’apparition de son héros à lui, Eric the King Cantona, qu’il s’agisse encore de capter l’ambiance dans les cars de supporters, Ken Loach fait toujours les choix les plus justes. Et notamment celui-ci : filmer sans dérision, sans second degré, et fort heureusement, sans autosatisfaction. Pas de tentation spectaculaire (rien sur le hooliganisme, etc.), pas de plébiscite bobo.

Juste une adhésion simple à tout ce qui anime le supporter normal, le supporter moyen.

Cantona, parce qu’il joue à être lui-même, est excellent. Mais l’auteur du film a l’intelligence de ne pas abuser de Cantona. La star apparaît, de temps en temps, et nous gratifie de ses discours fantasques. Quand il n’est pas là, on se replonge dans le sérieux et la gravité du quotidien de la banlieue de Manchester. Le foot n’est alors plus un idéal, mais une chose frivole, les tragédies qu’il traverse ne sont que des simulacres de tragédie, ses héros ne sont que des fantasmes, ses enjeux des divertissements.


Restent les valeurs en guise de fil rouge : le foot est un sport populaire, le foot est un sport d’équipe, le foot est un lien social.

 

La moralité du film est illustrée par le plus grand souvenir de footballeur de Canto, qui le dévoile à son fan – et aux spectateurs (d’autant plus que Ken Loach a eu la bonne idée d’intégrer des images d’archive). Eric le postier connait tout de son héros – sans indice il n’avait pourtant pas pu deviner un choix aussi évident, aussi symbolique. C’est l’une des plus belles scènes du film. On y voit à quel point Ken Loach, filmant le foot, touche à quelque chose de l’ordre de « la pensée de derrière » chez Pascal : le réalisateur sait que sans être lucide et élaboré, et alors que tout les savants le dénigrent, le point de vue populaire est dans le vrai.

 

 


 

 

 

 

 

Par deux pieds décollés - Publié dans : Arrête ton cinéma - Communauté : Autour du Sport
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