Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 11:05

 

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Une main involontaire dans la surface, voilà qui déchaîne les supporters, qui font alors preuve de toute leur mauvaise foi. Les Marseillais, dimanche, ont estimé que le péno accordé au PSG était pour le moins généreux, puis ils se sont insurgés le soir même que le défenseur stéphanois, contre eux, n’ait pas été sanctionné pour une faute similaire.

Peut-on nuancer les degrés de gravité d’une main dans la surface ? La part de volonté ? C’est délicat. Le critère du bras posé ou non le long du corps est intéressant – néanmoins, peut-on défendre, sauter, tacler, avec le bras le long du corps ? Par ailleurs, le joueur qui se protège le visage sur coup franc et qui touche le ballon avec son bras aurait-il dû le prendre en pleine gueule ?

Mais n’a-t-on pas vu et revu ces questions ? N'est-il pas agaçant de sentir qu'il y a un problème, et de constater qu'aucune piste n'est jamais avancée pour le résoudre ?

 

Remise en question

Pour trouver une solution, analysons le problème, car la question de savoir si une main est volontaire ou non est aussi male posée que celle consistant à savoir si le bras aurait pu être collé au corps.

Une main est rarement volontaire, et lorsqu’elle est, qu’est-ce que cela signifie ? Un réflexe est-il un acte volontaire ? C’est la « deuxième main » que l’on ne pardonna pas à Henry contre l’Irlande.

L’ambiguïté de ces questions pose en outre le problème de la cohérence des sanctions – reconnaissant parfois la versatilité de ses jugements, le supporter s’en sort néanmoins généralement en disant : « Oui mais si on siffle la main au Parc on doit la siffler aussi au Vélodrome, peuchère ».

Comment lui donner tort ?


Diagnostic

Voilà le cœur du problème : la sanction – l'enjeu, donc – est terrible. Main dans la surface? C'est pénalty.

Parfois, carton.

Et généralement, le défenseur n'a pas fait exprès.

Et il arrive que cela se passe alors que le centre contré par la main était anodin.


Propositions

Je propose de reformuler le problème. De ne pas se focaliser sur la nature de la main, mais sur la nature de la sanction. N’y a-t-il pas d’autres sanctions, pour des fautes dans la surface, qu’un pénalty ?

Cette autre sanction existe : le coup-franc indirect. Par exemple, lorsque le gardien a pris le ballon de la main après une passe en retrait (le parallèle est d’autant plus convaincant qu’il y a là aussi, généralement, ambiguité : passe en retrait volontaire ou pas ?). Coup franc indirect, aussi, si le gardien garde le ballon plus de six secondes – acte d’anti jeu moralement plus condamnable que de se protéger la figure sur la frappe d’un bourrin. Bref le coup franc indirect dans la surface n'est pas une divagation.

Voici donc ma proposition pour faire évoluer le football. Elle consiste à réadapter la sanction, tout en redéfinissant l’objet de l’interprétation de l’arbitre :

- Main dans la surface avec le bras décollé ? Coup franc indirect dans la surface. Cela reste dangereux, mais ce n’est pas un but quasi accordé.

- Mais dans la surface alors que le ballon allait peut-être rentrer (frappe vraisemblablement cadrée) ? Pénalty.

- Et carton rouge si c’est scandaleux – comme l’enfoiré de Suarez sur sa ligne contre le Ghana.

L’arbitre n’a pas à se perdre dans les méandres de la volonté des joueurs ni dans des questions physiologiques qui le dépassent nécessairement (peut-on être équilibré les bras collés au corps ?).

Maintenant, si on veut conserver la nuance entre ce qui est abusé, ou délibéré, et ce qui ne l’est pas – parce qu'un contre de la main, apparemment volontaire, d’un centre en retrait décisif vers l'attaquant seul au point de pénalty, qui serait sanctionné seulement d’un coup franc, serait énervant – on le peut aussi. On peut chipoter, pourquoi pas... Ce que je préconise, c'est de persister néanmoins à identifier des faits. Par exemple : soit la main va au ballon, soit le ballon à la main. Volontaire ? Réflexe ? Prémédité ? Ce ne doit pas être le problème de l’arbitre, car c'est un problème insoluble.

Même la lecture de L'éthique à Nicomaque ne résout pas le problème.

Plus on nuance, plus il y a débat, bien sûr, mais les observations tactiques – y avait-il réellement danger de but s’il n’y avait pas eu main ? – resteraient largement préférables aux bavardages sur les intentions des joueurs. Et ces observations concerneraient plus directement le rôle et les compétences des arbitres.


Conclusion

En attendant – dans les cas, bien sûr, où un des arbitres voit la main – l’alternative est trop violente : pénalty, ou rien. Et souvent, ne rien siffler est trop généreux pour l'équipe qui défend, et le pénalty trop généreux pour celle qui attaque.

Pour résumer, le coup franc indirect résout tout : il est une sanction appropriée, moins radicale que le pénalty, tout en restant une très bonne opportunité de marquer.

La règle serait précise : Main dans la surface = coup franc indirect. Elle connaitrait deux exceptions, deux nuances, très simples également, déduites de l'observations de faits caractérisés : on ne siffle rien si le bras est collé, on siffle pénalty si la main interrompt la trajectoire d’une frappe potentiellement cadrée (et pourquoi pas, d’un centre manifestement décisif).

 

 

Par deux pieds décollés - Publié dans : L'arbitrage - Communauté : Football? Philosophie?
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