Nous reproduirons, l'un après l'autre, les gestes d'arbitres qui sont dessinés dans les officielles Lois du football, et présenterons les faits de jeu auxquels ils correspondent. Concernant les arbitres centraux, et en dépit de la grande diversité de leurs interventions, seuls quatre gestes sont imposés par les Lois.
Ainsi, les façons qu'ils ont tous de regarder leur chrono, de demander d'attendre que le coup de sifflet ait été donné pour jouer, ou encore d'aller demander aux entraineurs de rester dans leur "zone tactique", etc., ne sont imposées par aucun réglement ; il semblerait que les arbitres procèdent simplement par mimétisme.
Dans un souci de justice, je me dois de signaler que dans les Lois, ces gestes sont appelés "signaux". Et je vais désormais les appeler signaux moi aussi.
Et pour être complètement honnête, il y a non pas quatre, mais cinq signaux dessinés dans les Lois officielles.
Car ils ont fait deux dessins pour le signal consistant à mettre un carton : un dessin pour le carton jaune, un dessin pour le carton rouge.
Alors que c'est le même signal.
Et que les dessins ne sont même pas en couleur.
Bref.
Première partie : le coup franc indirect.
L'étude réalisée à partir des chapitres 12 et 13 des Lois du jeu.
Ce qui est représenté ici, c'est le signal officiellement effectué lorsqu'il y a coup franc
indirect.
Le bras est tendu, la main doit être maintenue au-dessus de la tête, et ce, jusqu'à ce que le coup franc ait été touché par un autre joueur que celui qui a tiré.
la posture est droite. Le sifflet à la bouche est optionnel. Et je n'ai pas trouvé dans les Lois de réponse certaine à la question suivante : quand est-ce qu'il faut attendre que l'arbitre ait sifflé pour jouer, et quand est-ce qu'on peut jouer vite (faisant fi de la règle de l'éloignement à 9,15 m des adversaires)?
Il semblerait que ce soit à l'arbitre de décider : il doit intervenir explicitement et demander d'attendre lorsqu'il estime que moralement, il serait souhaitable que la défense ait le temps de se replacer ; s'il ne dit rien, on peut donc toujours jouer vite. D'où tous ces buts inscrits lorsque la défense n'était pas du tout replacée, ou encore entrain de faire son mur.
Si on marque directement alors que le coup franc était indirect : il y a six mètres ("coup de pied de but", en langage officiel - ce qui est la contrepèterie, je m'en aperçois tout à coup, de "coup de pute de biais").
Et les Lois pensent à tout : si jamais on marque contre son camp lors d'un coup franc indirect (faut quand même le faire - mais pourquoi pas), eh bien il n'y a pas but, mais corner (c'est-à-dire, en langage arbitral contrepété, "coup de poing de quied").
Quoiqu'il arrive, " le ballon est en jeu dès qu'il est botté et a bougé", dit la Loi 13.
Sans doute, un ballon peut bouger sans avoir été botté (le vent, les effets capricieux du ballon de la coupe du monde, etc.). Mais un ballon peut-il être botté sans bouger par la suite? C'est hautement improbable.
Il y a coup franc indirect pour l'équipe adverse dans les cas suivants :
- Lorsque le gardien commet ces fautes-là :
- s'il garde le ballon dans les mains plus de 6 secondes
- s'il reprend le ballon dans les mains après l'avoir lâché
- si jamais il lui arrive de "toucher le ballon des mains sur une passe bottée par un coéquipier"
- idem après une ("rentrée de") touche
- Lorsqu'un joueur agit de la façon suivante :
- "joue d'une manière dangereuse" (pied en l'air et autres "jeux dangereux" - c'est-à-dire qui n'ont fait de mal à personne mais qui auraient pu? Probablement)
- fait "obstacle à l'évolution de l'adversaire" (l'obstruction?)
- lorsqu'il empêche le gardien de lâcher le ballon des mains
- commet toute faute qui n'est pas sanctionnée par un coup franc direct
Il semblerait que le cas où l'arbitre ne précise pas de quelle sorte de coup franc il s'agit n'existe pas.
Concluons sur les mains.
Seule la main volontaire, on le verra, est sanctionnée par un coup franc direct ; ainsi, il serait temps que les petites mains involontaires réalisées à l'entrée de la surface sur un centre pas dangereux ne donnent plus lieu à un pénalty lourd de conséquence, mais à un coup franc indirect dans la surface.