Le signal est le même pour le carton jaune et le carton rouge.
On lève le bras bien haut,
Allez c’est parti !
« Je danse le Miiiiiia, pas de pacotille », chantait IAM – la pacotille étant une marchandise de peu de valeur, de la camelote, je suppose que le refrain de Je danse le Mia voulait signifier que quand on sort danser le Miiiiiia, on fait les choses sérieusement.
Bien sûr, l’arbitre de foot n’a ni chemise ouverte (certes il a désormais de beaux maillots colorés), ni chaîne en or qui brille (interdite sur les terrains de foot), mais il ne fait pas de pacotille non plus : le geste est franc, le bras diot être tendu, c'est marqué dans les Lois, la posture est fière, et la sanction est adressée au joueur en le regardant droit dans les yeux ; en même temps il s'agit de signaler au stade entier la couleur du carton.
Les textes officiels maintenant :
Fautes passibles d’avertissement
Un joueur se voit infliger un carton jaune quand il :
• se rend coupable de comportement antisportif ;
• manifeste sa désapprobation en paroles ou en actes ;
• enfreint avec persistance les Lois du Jeu ;
• retarde la reprise du jeu ;
• ne respecte pas la distance requise lors de l’exécution d’un coup de pied de coin, d’un coup franc ou d’une rentrée de touche ;
• pénètre ou revient sur le terrain de jeu sans l’autorisation préalable de l’arbitre ;
• quitte délibérément le terrain sans l’autorisation préalable de l’arbitre.
Un remplaçant ou un joueur se voit infliger un carton jaune s’il :
• se rend coupable de comportement antisportif ;
• manifeste sa désapprobation en paroles ou en actes ;
• retarde la reprise du jeu.
Fautes passibles d’exclusion
Un joueur, un remplaçant ou un joueur remplacé est exclu s’il :
• commet une faute grossière ;
• adopte un comportement violent ;
• crache sur un adversaire ou sur toute autre personne ;
• empêche l’équipe adverse de marquer un but, ou annihile une occasion de but manifeste en touchant délibérément le ballon de la main (cela ne s’applique pas au gardien de but dans sa propre surface de réparation) ;
• annihile une occasion de but manifeste d’un adversaire se dirigeant vers son but en commettant une faute passible d’un coup franc ou d’un coup de pied de réparation ;
• tient des propos ou fait des gestes blessants, injurieux et/ou grossiers ;
• reçoit un second avertissement au cours du même match.
Tout joueur, remplaçant ou joueur remplacé ayant été exclu doit quitter la proximité du terrain de jeu ainsi que la surface technique.
Le signal du carton s’accompagne parfois d’un autre geste (non officiel) : on oriente le joueur exclus vers les vestiaires par une sorte de mouvement du bras à la fois brusque et délicat, très précis. La délicatesse est dans la torsion du poignet, qui fait une rotation sur lui-même avec une remarquable souplesse, avant que brutalement, le bras et l’index ne se tendent, afin d’indiquer la direction à prendre.
On a vu ce weekend que ce geste peut être répété même lorsque le joueur vient s’excuser (cette étrange scène mettant en prise Alou Diarra, revenant s'excuser après son expulsion, auprès de M. Bien qui l'exhortait à quitter le terrain, n’a pas tant témoigné de la fermeture d’esprit de l’arbitre, comme on a pu lire et entendre, que de l’état de tension extrême dans lequel sont, par la force des choses, les arbitres en général). Vraiment, je n’aurai de cesse de m’interroger sur les motivations profondes qui composent le courage, réel mais masochiste, de la vocation arbitrale.