Paris remporte la Coupe de France. La vraie Coupe, la belle. Les supporters sont ravis, cependant que ceux de l’OM sont privés de leur cerise sur le gâteau, car la saison du PSG est sauvée.
Mais les parisiens peuvent s’inquiéter, et les marseillais se réjouir : remporter la coupe est la pire des choses qui pouvait arriver au PSG.
Depuis quelques années, le PSG est médiocre. Pourquoi cela continue-t-il ? Parce que régulièrement, le club reprend espoir au terme d’une fin d’année « pleine d’émotion ». La coupe cette année, le maintien il y a deux ans, la victoire en coupe contre Marseille il y a quelques temps, etc. : régulièrement, Paris se sent revivre. Mais voilà quelles sont les conséquences de ces événements : au terme de la saison, ils se disent que l’équipe, en fait, est « plutôt bonne », pour peu qu’elle veuille bien « montrer de quoi elle est capable » ; ils se disent qu’il y a « des jeunes qui montent », et qu’il n’est peut-être pas nécessaire de changer toute la défense ; ils se disent que Sylvain Armand est un meneur d’hommes, et qu’il faut prolonger son contrat. Bref : Paris voit dans les succès relatifs de fin d’année de quoi trouver une base solide pour rebondir la saison qui suit.
Or, non.
La saison qui suit, c’est la même médiocrité, les mêmes espoirs déçus, les mêmes problèmes de fond.
Alors oui, il sera hors-sujet, celui qui dans dix ans dira : « oui mais je me rappelle, la saison du PSG était vraiment mauvaise, et d’ailleurs, ils n’ont gagné la Coupe que parce qu’ils ont eu le parcours le plus facilité de toute l’histoire de la Coupe ». Il aura l’air grincheux, car la vérité est là : c’est une ligne de plus au palmarès, et quand Paris jouera une prochaine finale, on dira : « Paris joue sa douzième finale pour remporter une neuvième Coupe. » Sans chipoter.
Et donc oui, c’est normal de fêter.
Mais voilà ce que le PSG doit entendre : le club est malade, et alors qu’il faudrait opérer, il croit chaque année – en « sauvant » sa saison – qu’il va parvenir à se soigner.
Ainsi, la victoire remportée par le PSG en fin d’année est comme l’aumône versée à un mendiant : elle ne le maintient en vie que pour prolonger sa misère.