Mardi 2 novembre 2010 2 02 /11 /Nov /2010 19:43

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Wakapedia

 

Le connard qui a écrit l’article Wikipedia « Catenaccio » s’est permis la remarque suivante : « La France a gagné la Coupe du monde 1998 en se basant sur ce système de jeu cadenassé ». Certes, Guivarch en attaque, épaulé par Djorkaeff et Zidane, derrière lesquels étaient positionnés Petit, Deschamps et Karembeu, ce n’était pas du football total – mais quand même, il ne faut pas exagérer : toutes les équipes qui préfèrent jouer avec deux voire trois milieux défensifs n’appliquent pas pour autant le Catenaccio

Il ne faut pas faire la même erreur que cet auteur, qui se se focalise sur la composition des équipes. La France avait effectivement opté pour une organisation plutôt défensive, mais elle a toujours attaqué ; la répartition de la possession de balle était toujours équilibrée, et elle a mis plus de deux buts par matchs en moyenne.

La page Wikipedia anglaise a le mérite de ne rien dire à propos de l’équipe de France, mais on y détaille le Catenaccio de manière très maladroite également : il est, là encore, d'abord question des compositions d'équipe. 

La page de l’Enciclopedia libera italienne est assez naturellement la plus développée. Google propose une traduction, et l’on peut constater premièrement que Google choisit de rendre « Catenaccio » par « boulon » (parfois « culasse »), et deuxièmement, que l'auteur approfondit bien plus que quiconque la question de la composition des équipes : il consacre un chapitre aux numéros portés par les joueurs dans le cadre du Catenaccio.

Sans commentaire.

 

Décomposition

 

Il y a bien, à propos du Catennacio, quelques renseignements intéressants sur internet. Des précisions historiques notamment. Et c’est en effet intéressant d’apprendre que c’est Nereo Rocco, l’entraîneur du club italien de Triestina en 1946, qui a formalisé le style de jeu radicalement défensif qu’est le Catenaccio (il termina grâce à cela à une improbable deuxième place au championnat).

Par ailleurs c’est important, évidemment, de savoir que c’est Helenio Herrera, entraîneur de l’Inter dans les années 60, qui popularisa définitivement cette façon de jouer en remportant trois titres de champion et deux coupes d’Europe. Verrouillant radicalement la défense, il se contentait d’exploiter les rares contres et coups de pied arrêtés. Le Catennacio fut alors définitivement associé à l’Italie, d'autant plus que quelques générations de Squadre Azzurri l’employèrent.

Enfin, il faut effectivement savoir que si le mot est italien (et signifie plutôt « verrou »), l’origine de cette façon de jouer est française : c’est le « béton » proposé par l’entraîneur français Robert Accard dans les années 30.

Dans Olive et Tom, l'équipe qui joue le Catenaccio est la Norfolk : ils ne marquent qu'à la suite des dégagements de leur impressionnant et imbattable gardien Théo Sellers.

 

theo-sellers.jpg

 

Qu’il y ait trois, quatre, cinq ou six défenseurs sur la composition des équipes importe peu : il y a en réalité, lorsqu’on adopte le Catenaccio, onze défenseurs, dont un qui défend dans le rond central et trois qui jouent les contres, plus trois autres qui montent sur les coups de pieds arrêtés (tant qu’il y a 0 – 0). Aussi, la question importante n'est absolument pas la composition - c'est l’état d’esprit propre au Catenaccio. La mentalité du Catenaccio.

Le catennacio, c’est consacrer toute son énergie à défendre, selon un schéma approprié et travaillé à l'entrainement : on laisse volontiers la possession de balle à l’adversaire, qui se heurte à un mur.

Lorsqu’on adopte le Catenaccio, on cadenasse. On ne prend aucun risque. On gagne du temps à chaque fois qu’on le peut. Chaque joueur abandonne toute forme d’autonomie pour se conformer au schéma tactique de l’entraîneur. Voilà tout.

 

Et maintenant ?

 

A partir de là, la réflexion la plus délicate et la plus intéressante consiste à se demander pourquoi autant de matchs ont pu être remportés par des équipes pratiquant le Catenaccio.

En abordant la question du Catenaccio, l’idéal serait aussi de fournir, en plus d’une réponse sensée à cette problématique intéressante, une solution pour l’équipe de France, qui est absolument incapable, en tout cas depuis que votre serviteur regarde le foot, de jouer contre une équipe regroupée en défense.

 

Mais peut-être que le Catennacio est l’arme absolue du football ?

Peut-être qu’une équipe qui parvient à défendre incessamment, en suivant le schéma tactique rigoureux et déduit des qualités de l’adversaire, tout en sachant se projeter soudainement vers l’avant de temps en temps (comme l’Inter l’an dernier), sera nécessairement toujours vainqueur au final ? 

  

Sur tout cela, internet se tait.

 

Sur tout cela, internet se taisait.

 

La suite dans le prochain épisode.

Par deux pieds décollés - Publié dans : Lexique - Communauté : Football? Philosophie?
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