Ça y est, l’Espagne a retrouvé son jeu. Ça y est, l’Espagne a droit à une finale de Coupe du monde. Ça y est, Iniesta va avoir le ballon d’or.
Alors que pour la première fois de toute l’histoire de France, nous avons apprécié les Allemands, les voilà qui perdent. A croire qu’ils sont condamnés à l’emporter que s’ils sont détestables.
Mais c’est dur de l’emporter face au meilleur joueur du monde (surtout sans Müller). Il semblerait, en effet, qu’Iniesta ait gagné son ballon d’or hier. Si jamais Robben venait à le lui chourer au dernier moment, en faisant basculer la finale en faveur de la Hollande (comme il l’a fait, reconnaissons-le, contre le Brésil, en tombant tout le temps, obtenant un coup-franc vainqueur lors d’une simulation, puis l’expulsion d’un joueur lors d’un nouvelle exagération de la douleur), si jamais Robben, disais-je, passait devant Iniesta, ce serait un scandale innommable. Non seulement Robben ment, parce qu’on ne peut pas croire qu’il n’a que 26 ans, mais en plus il est quand même, il faut dire ce qui est, le joueur le plus prévisible de cette Coupe du monde.
Hormis le fait qu’on en a définitivement fini, grâce à cette finale, avec l’insupportable tendance franco-européenne à l’auto-flagellation (« oh, comme ils sont forts ces sud-américains, comme ils sont prêts, comme ils sont beaux »), ce match permettra aussi de corriger une injustice de l’histoire du foot : un grand pays du foot va remporter, pour la première fois, une Coupe du monde.
J’imagine que tous ceux qui étaient pour l’Allemagne vont être pour l’Espagne désormais. Ce n’est évidemment pas de l’opportunisme – juste la reconnaissance qu’hier, le meilleur a gagné. Et puis il y a le rejet légitime des Pays-Bas, où seuls Kuyt et Sneijder ont de la valeur, tandis que tous les autres sont franchement à baffer (Van Bommel en tête).
L’Espagne a été plus dangereuse que l’Allemagne, elle a mieux résisté face à la pression. Et il n’y a pas de raison de douter qu’elle saura faire honneur, ce dimanche, à son statut de favori retrouvé.