Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 18:06

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Inzaghi a mis trop de buts pourris, trop de buts hors-jeu, trop de buts au terme de concours de circonstance improbables, trop de buts importants, trop de buts décisifs pour qu’on puisse envisager que c’est un type qui a toujours eu beaucoup de chance. Il vient de battre le record du nombre de buts marqués en Coupe d’Europe : 50 en ligue des champions, 70 toutes coupes d’Europe confondues. Il est temps d’expliquer en quoi cela ne doit rien au hasard.

 

On a tendance à expliquer sa réussite extraordinaire par l’expression consacrée : il serait un renard des surfaces.

 

Mais Inzaghi n’est pas un renard des surfaces.

 

Son attitude n’est pas du tout celle d’un Rudi Völler par exemple, qui fut un authentique renard : on avait beau savoir que c’est lui qui allait marquer, il arrivait quand même à se faire oublier. Et puis passe en retrait, centre au second poteau, ou ballon relâché par le gardien – et il marquait, paradoxalement libre de tout marquage.

 

Inzaghi, lui, ne se fait pas oublier du tout : on ne voit que lui.

Inzaghi n’a jamais fait un appel discret de sa vie.

Il est perpétuellement en mouvement. Il veut le ballon, tout le temps. Sans relâche. Et sans sortir de la surface, quitte à être hors-jeu tant que les défenseurs ne se sont pas repliés. Inzaghi dans une surface de réparation : on croirait qu'il a vraiment très envie d'pisser.

 

Inzaghi n’est donc pas un renard des surfaces.

Inzaghi est un chien des surfaces.

 

Oui, Inzaghi est un chien : il faut avoir essayé de faire un taureau avec un berger allemand, dans un périmètre cohérent avec le nombre de joueurs (c’est-à-dire, la taille du cercle qu’on aurait exactement choisie s’il s’était agi de mettre un mec au milieu) pour comprendre de quoi il est question. Le chien est excellent au taureau. Bien sûr quand il a pris le ballon et qu’il se retrouve dans le cercle, on le lui reprend facilement, le ballon, et il retrouve vite sa place au milieu. Mais au milieu c’est le meilleur.

Inzaghi est comme cela dans une surface de réparation. Pas du tout « malin ». Tel le chien qui se fait avoir par toutes feintes de frappe, il est tellement au taquet qu'il reprend ses appuis et attrape quand même le ballon. Inzaghi n'a aucune ruse : il est tout simplement à fond. 

  

C’est pourquoi même lorsqu’il marque après que le ballon a rebondi sur le poteau, suite à l’arrêt par  le gardien du coup-franc de Pirlo (ou de la frappe complètement hors-cadre – mais déviée – de Gattuso), eh bien ce n’est en rien le fait du hasard ou de la ruse : il est juste absolument certain qu’Inzaghi n’a jamais lâché le ballon des yeux. Car c'est son os. On croit que le ballon arrive toujours comme par miracle dans les pieds d’Inzaghi – c’est une illusion d’optique : c’est Inzaghi qui arrive toujours comme par miracle au ballon.

 

A Inzaghi on ne dit pas : "pars!"

 On lui dit : "Allez chope!"

Voir aussi sa manière de fêter les buts! Celle-ci n’a rien des célébrations travaillées des nouvelles générations : il court tout simplement, pas seulement comme un enfant, mais comme un chien fou, vers où il y a du monde et du bruit. C’est là qu’il réalise, d’ailleurs, ses pointes de vitesse.

 

Peu importe que sa conduite de balle soit la plus médiocre de l’histoire du foot, peu importe qu’il ne sache pas tirer un corner, ni, c’est quasiment certain, faire une transversale – il sait rentrer à la 70e et planter deux buts contre le Real. Juste parce qu’il le veut plus que les autres.

 

Son geste technique à lui est le corps en opposition. La partie du corps adéquate, disons. Si le ballon arrive en l’air, il ne met pas une tête – il positionne sa tête à la rencontre de la course du ballon : esthétiquement, l’effet est toujours nul, il donne l’impression d’être un joueur maladroit – mais il y a but.

Lorsqu’il s’agit de tirer, il ne prend pas le temps de se mettre sur son bon pied, ni même d’ouvrir le pied ; il ne prend pas même le temps de choisir un côté : Inzaghi, il tape dans la balle. Le reste, c’est pour les gens qui ont du temps à perdre.

 

Lui n’a pas de temps à perdre : le temps passe vite, et Inzaghi, né le 9 août 1973, a déjà 37 ans. Mais il a encore envie. Et il est encore excellent. Et pour cause ! Il est le seul joueur au monde dont le style de jeu ne décline pas avec l’âge : il n’a aucun style jeu.

 

« Ben c’est ça, son style ! », disent ses fans.

 

 

 

 

Source image : http://acmilano.unblog.fr/2009/09/

Par deux pieds décollés - Publié dans : Vignettes panini (les pros) - Communauté : LA communauté football du blog
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Commentaires

OUAIIIS SUPER PIPPOOOOOOOO. Super bien vu le "chien des surfaces". Cet homme tuerait sa mère pour marquer un but du genou contre une équipe de série B. C'est même incroyable que ce joueur, qui a banni tout les principes de respect ou d'honneur, puisse dégager autant de charisme.

Il aime le foot. Pas comme un spectateur. Comme un supporteur. Le Milan a vraiment une drôle d'équipe avec ronaldinho + inzaghi.

forza inzaghi

Commentaire n°1 posté par antoun le 13/11/2010 à 13h10

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