Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 11:48

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Dimanche 28 août, devant les supporters joyeux qui avaient réussi à obtenir une place pour voir la finale des championnats du monde du 100 mètres, l’homme le plus rapide du monde est parti avant le coup de feu du starter. Eliminé, Usain Bolt n’a donc pas couru.

Le 100 mètres n’est pas une compétition parmi d’autres

Le 100 mètres, c’est la compétition, c’est le sport. Une course de 100 mètres, c’est la compétition sportive réduite à l’essentiel, à sa plus simple expression. Du sport pur. Des mecs sont côte à côte sur une ligne de départ, et le premier au bout de la ligne droite est le champion.

Une distance de 100 mètres, c’est juste ce qu’il faut pour que l’exercice combine l'explosivité du départ, le déploiement de toute la vitesse et l’effort de la maintenir après les 60 mètres d’accélération, et en même temps 100 mètres c’est suffisamment peu pour que l’intensité de l’action puisse rester maximale, jusqu’à l’ultime coup de rien, lorsqu'on « casse », pour faire avancer les épaules et franchir un centième plus tôt la ligne d'arrivée.

Cette extraordinaire simplicité de la course n’est bien sûr qu’apparente : l'enjeu est tellement épuré que chaque composant est réglé à la perfection.

- Maîtrise parfaite des aspects qui relèvent de la technique de course – mobilisation des seuls muscles pertinents pour courir, relâchement des autres, maîtrise du temps pendant lequel on laisse le pied posé au sol (à pleine vitesse, en une seconde, les coureurs de 100 mètres font environ cinq foulées), temps de réaction pour le départ, négociation du moment opportun pour se redresser, etc.

- Perfection, aussi, de l’encadrement technique de la course et des coureurs : chronométrage, photo finish, etc.

- Dimension essentielle, enfin, de la part psychologique. L’intensité de la motivation et l’effort de concentration doivent concourir à résoudre un problème qui n’atteint ce degré de paradoxe dans aucun autre sport : il faut articuler le déploiement total de son énergie à une maîtrise parfaite de sa technique et de sa stratégie de course.

Et c’est au moment du départ que se combinent toutes ces perfections

Un faux départ, à partir de là, ce n’est pas simplement « partir avant le coup de feux ».

On peut d’ailleurs faire un faux départ en partant après le coup de feu.

Souvenez-vous. Paris, 2003. Championnat du monde. John Drummond est sanctionné d’un faux départ, mais il s’allonge sur la piste et proteste. I didn’t move. Les images ne sont pas explicites. John Drummond n’est peut-être pas parti avant le coup de feu.

Et en effet.

Il est parti juste après.

Le problème, c’est qu’il est parti trop tôt après.

Car l’athlétisme peut se targuer d’atteindre ce degré de perfection : les faux départ sont enregistrés si la pression sur les starting blocks est effectuée non pas avant le coup de feu, mais avant les 100 millièmes de secondes qui suivent le coup de feu. Parce que cette durée correspond au temps minimal requis pour que l’information, entrant dans l’oreille, parvenant au cerveau, puisse aller via le système nerveux jusqu’aux jambes qui se mettent alors en mouvement.

John Drummond était peut-être parti après le coup de feu. Mais il avait décidé de partir avant : faux départ.

Faux départ

Pas « mauvais départ », ou « départ anticipé ». « Faux ». Un départ vrai, c’est celui qui réagit au son. Bolt, dont la décontraction et la confiance sont légendaires, a craqué dimanche. Il est parti avant le coup de feu. Comment peut-on être tendu au point de ne pas pouvoir attendre le coup de feu du départ ?

Peut-être que le tireur d’un pénalty en finale de coupe du monde connaît ce degré extrême de pression. Qui rend fou Bolt au point de partir trop tôt alors qu’il est quasi certain de gagner, ou Zidane au point de tenter une panenka. Bolt était peut-être trop pressé de courir. Zidane était peut-être... Zidane je ne sais pas.

A côté de ça, le soi-disant drame du mauvais départ de Marseille en championnat est bien peu de choses...


 

Par deux pieds décollés - Publié dans : Temps additionnel - Communauté : Football? Philosophie?
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Commentaires

C'est suculent. Mais oh, le vilain tacle sur Marseille à la fin, pas bien...

Commentaire n°1 posté par Atango le 30/08/2011 à 16h31

Ah mince... Eh ouais je pensais bien que cette phrase n'était pas claire... On comprend que Marseille a fait bien peu de choses, alors que je voulais dire que c'était cette histoire du mauvais départ, ce soit disant drame, très médiatique, qui était bien peu de choses... Marseille va bientôt retrouver une place conforme à ses ambitions... (enfin j'espère...)

Je vais essayer de corriger la phrase!

Réponse de deux pieds décollés le 31/08/2011 à 07h13

Ce faux depart nous a privé de 10 secondes de bonheur pur , total , magique..

Pendant 10 secondes la quasi-totalité de la planète retient son souffle , et vit la course en "apnée"..D'un autre coté , ce grain de sable dans cette mécanique de pointe bien huilée que représente BOLT , aurait tendance a lui redonner 1 visage plus humain , lui que l'on considère quelques fois comme 1 extra-terrestre et cette dure réalité a au moins cet avantage..

Mais consolez vous , mes frères , je pense qu'a sa prochaine sortie il fera encore descendre le chrono , et ce , pour notre plus grand bonheur..

AMEN.................

Commentaire n°2 posté par juan gil le 31/08/2011 à 06h21

T'imagines s'il avait fait ça à Monaco? Comme on aurait été deg'?

Réponse de deux pieds décollés le 31/08/2011 à 07h18

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