Le bon entraineur de foot a une maîtrise fine de l’ironie. Il use parfois de cette arme, prouvant ainsi que sa mission ne consiste pas exclusivement à engueuler les joueurs : il le taquine aussi, et parfois il l’humilie (rappelons que humiliation et humilité ont une étymologie commune).
Lors d’une frappe molle de l’attaquant, l’entraineur ne dira donc pas : « tire plus fort ! », mais plutôt : « plus sèche, la passe au goal ! »
Pourquoi ?
Pour trois raisons possibles.
D’abord, parce que l’erreur du joueur est « sans conséquence » (c’est-à-dire sans conséquence négative immédiate pour l’équipe – mais tout a toujours une conséquence). On tire, on ne marque pas : rien de dramatique si on n’est pas mené au score. L’ironie intervient donc dans les ambiances relativement décontractées (débuts de match, matchs où l’on mène au score, etc.). L’entraineur, jamais complètement décontracté, et ne perdant jamais de vue sa mission confiée par le dieu-président du club, croit trouver dans l’ironie un bon compromis : il engueule en voulant blaguer.
Mais il faut le dire : cela peut être vexant et contre-productif. Le joueur contrarié ne devient pas meilleur.
Le coach en a vaguement conscience, mais ne se remettra jamais en cause. Car selon lui, et c’est là un deuxième motif d’emploi de l’ironie, le joueur doit puiser dans son orgueil blessé les ressources pour faire mieux la prochaine fois.
Enfin, à un joueur qui a pris un gros tacle, l’entraîneur pourra dire : « mais c’est bon, t’en as une deuxième, de jambe ! », ou alors : « mais tu t’en servais, ’toute façon, du gauche ? ». On comprend alors que l’ironie de l’entraineur a aussi la finalité suivante : elle dédramatise. C’est là son emploi le plus noble.
L'IRONIE,du grec bien sûr EIRONEIA,ou même du patois de la rue fanny "le moquage"...tout 1 programme . une arme redoutable , que tout le monde ne sait pas utiliser a bon escient...mais attention le coach ironique doit accepter le retour de service du "moqué"et revaloriser celui-ci (s'il le mérite bien sûr) le moment venu,sous peine de ne plus être drôle et de sombrer dans la lourdeur...un de mes plus beau fait d'arme ironique , de ma carrière , aura été de faire jouer un vieux pilier titulaire de mon équipe (joueur en fin de course , et stérile)véritable boulet pour 1 collectif , au poste de milieu de terrain "INOFFENSIF"...son étonnement et ses yeux écarquillés ont fait rire toute l'équipe , qui ,déconcentrée, a pris 1 but ridicule ,avec 1 défaite a la clef...Bilan : IRONIE réussie mais MATCH perdu...on ne peux donc pas gagner sur tous les tableaux...
Cher docteur ès Ironies sur banc de touche, j'attendais avec hâte ton commentaire. Une belle ironie peut bien causer une défaite : des victoies ou des défaites, on en connait pleins, on y pense et puis on oublie - mais un bon gros moquage, ça fait date!