
J’entends encore mes entraîneurs gueuler ça.
« Pas à deux à la tombée du ballon » : on sait pourquoi. C’est facile : premièrement, un seul mec suffit ; deuxièmement, le second joueur pourrait être démarqué si on attaque, ou au marquage si on défend ; enfin troisièmement, et c’est ça le plus absurde, les joueurs se gênent s’ils y vont à deux.
Certes il y a des contextes, rares, où l’on peut s’y mettre à trois : afin d’essayer de prendre le ballon aux génies du foot, par exemple. Même s’il y a toujours de la place, pour que Messi il passe (pétard je ne sais pas pourquoi cette chanson, Daniela-la-la, m’est revenue en tête alors que j’écris sur le foot ; souvenez-vous : Moi ce que j’aime, chez Daniela, c’est que l’on peut s’y mettre à trois, il y a toujours de la place, pour les copains qui passent - même dans le rap ils n'osent pas chanter ça).
Bref.
Pas à deux à la tombée du ballon, on a compris facilement.
La question la plus intéressante n’est donc pas « pourquoi ? », mais « comment ? ». Comment se fait-il que deux joueurs se retrouvent à la tombée du ballon ? Le font-ils exprès ? Comment ne le voient-ils pas ?
Ce Commandement donne l’occasion de s’interroger rapidement sur un phénomène propre au football : fréquemment, lorsqu’un ballon arrive à proximité de deux joueurs, soit les deux y vont, soit aucun n’y va, sous prétexte que chacun pensait que l’autre y allait.
Se « parler », c’est donc par exemple dire « j’ai ! », avant d’aller au
charbon.
Mais en fait le problème persiste : soit aucun ne dit « j’ai ! », soit les deux disent « j’ai ! », et on n’en sort plus.
Il y a un contexte où il est absolument nécessaire de trouver une solution : c’est lorsqu'il y a hésitation quant à la question de savoir si c’est le gardien ou le défenseur qui intervient. Eh bien ça fait partie du boulot du gardien de dire « j’ai ! ». C’est un de ses rôles fondamentaux.
Et le devoir du défenseur est d’être complètement disponible aux injonctions du gardien.
Combien de buts ont été inscrits parce que les joueurs ne se sont pas parlé… Parce qu’ils ont été à deux à la
tombée du ballon… Bref, parce que l’entraîneur n’a pas été écouté.
Si ce dernier en a marre, il pourra alors user du plus puissant :
« parlez-vous, Bordel ! » - notamment lorsque personne n’a su dire, au milieu de terrain qui n’a pas vu l’adversaire arriver dans son
dos : « ça vient ! »