Au moment où j’écris, je m’apprête à regarder Slovaquie – Nouvelle-Zélande. C’est juste pour dire à quel
point je suis impliqué. Bien sûr, je compte m’endormir devant, et me réveiller à 15h56, histoire d’avoir 4 minutes pour récupérer avant les matchs du groupe G, seul groupe intéressant de cette
Coupe du monde.
Mais c’est alors que… quoi ? On m’annonce quoi ? Que tout va changer.
Pour la France, je veux dire.
L’équipe nous apprend que Gourcuff et Govou devraient faire les frais d’un remaniement radical. Je m’interroge, je me renseigne, et j’apprends que ce bouleversement consiste tout simplement à fermer la parenthèse 4-3-3, pour revenir au 4-4-2 que tout le monde décriait, avec Malouda à gauche, et sans doute Anelka - Gignac devant.
Interrogeons-nous : pourquoi tout le monde va s’emballer pour le système que tout le monde conspuait ? Pourquoi plus personne ne va se plaindre que Ribéry joue à droite ? Pourquoi sommes-nous ravis de retrouver deux milieux défensifs ?
Parce que le système, on s’en fout. La question, ce n’est jamais de savoir comment on joue. Et d’ailleurs, les 11 joueurs choisis aussi, on s’en fout. Plus précisément, on se fiche de ces deux choses quand elles sont pensées indépendamment l’une de l’autre. La seule question intéressante, c’est celle qui celle qui se demande quels joueurs on met titulaires dans quel système.
Et c'est pour répondre à cette question, que Domenech est nul. Son schéma tactique n'a rien de contstable, de même que sa sélection n'est pas complètement délirante.
C’est sa cuisine, qui est nulle.
Schéma tactique + titulaires choisis = Bouillie dégueulasse.
Sauf que là, ça y est.
De même que le 4-3-3 avait été suscité par la blessure de Diarra, ce retour au 4-4-2 est légitimé par le niveau de jeu de Diaby. Bien sûr, vu que Domenech a le même défaut quand il choisi 23 joueurs que lorsqu’il en choisit 11, on ne pourra pas faire de changement sans perturber l’organisation ou amoindrir le niveau de jeu global de l’équipe (Henry rentrera à la place d’Anelka ou Gignac, et Valbuena à la place de Ribéry, et en cas de difficultés, Domenech n'aura jamais le courage de mettre Gourcuff à la place d'un milieu défensif). Mais le 11 de départ est un peu rassurant.
Et quand on regarde les 11 de départ de 1998 (Guivarch, Karembeu, Djorkaeff… Leboeuf en finale…) on se dit que tout est possible.
Les deux pieds décollés n’ont rien à redire à ce (re)nouveau 4-4-2. Certes, je mettrais bien Govou à droite (arrière droit, bien sûr : il défend bien, parait-il – pourquoi ne pas faire, dans le foot moderne, comme le Brésil avec Bastos ?), mais l’audace de cette idée révolutionnaire va m’attirer les foudres des commentateurs.